18 septembre 2007

Porcupine Rim, the great Moab’s downhill

Par Pierrot, dans Trails; Utah.

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« La crête du porc-épic ». Si l’on exclu Slickrock, hors catégorie, ce trail prend le fauteuil du roi dans les meilleurs parcours de Moab. Il suffit d’ailleurs de lire les commentaires des guides ou des revues pour s’en convaincre :

“It’s definitely an E-ticket ride to Moab’s supreme singletrack” (mtb Moab pocket guide)

En référence au ticket “E” Disneyland qui donne accès aux meilleures attractions.

“This trail is more fun than sex (within marriage of course) and lasts longer” (Rider Mel’s mtb guide to Moab)

No comment.

“Just a perfect ride with lots of everything that is good in the world” (MTB Review)

Un ride parfait avec beaucoup de tout ce qui est bon !

Les vieux fumeurs (encore en vie 😕 ) se souviennent certainement de la célèbre pub Marlboro, avec le beau grand fort cowboy sur son cheval qui s’en grille une sur fond de paysage de western. Un de ces fonds là, c’est Castle Valley, et c’est la vue que l’on trouve lorsque l’on atteint le sommet de ce must du vtt.

Une boucle de 30 miles, soit près de 50 km avec une dénivelée de 1150 m en partant du centre ville. Mais ça c’est bon pour les « freakin’ supermen » comme il est dit dans le guide. Nous, on préfère définitivement bénéficier du shuttle service proposé par Poison Spider Bicycles qui vous épargne une longue montée sur route et sur piste et 540m positifs.

Porcupine shuttle

A 7h au pied levé nous sommes les deux uniques clients de la première navette devant le shop. Bryan arrive peu après avec sa fourgonnette grand luxe. Il travaille partiellement pour Poison Spider et a monté son affaire de navette qui l’occupe quand même 7 mois de l’année, avec pour service principal le Porcupine Rim trail ! Les vélos sont montés sur le toit avec un système de fixation ultra simple et rapide : la manivelle de pédalier est insérée dans une cornière verticale, et that’s it ! Les vélos sont debout, en travers. Ajoutés au porte-vélos arrière, il peut embarquer ainsi 12 bikes avec leurs pilotes, à 10$ par tête.

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Nous entrons sur le parc de Sand Flats (droit d’entrée de 5$ pour 3 jours consécutifs), passons devant le parking de Slickrock et continuons à monter sur piste à travers le désert de dunes pétrifiées (ou non), alors que les premiers rayons du soleil réveillent les couleurs chaudes de la roche rouge.

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A 8h, nous sommes prêts à rouler, seuls dans un silence parfait, au milieu d’un paysage qui rappelle beaucoup notre massif de l’Estérel, en plus grand et en plus sauvage (et encore heureux !).

La vallée du château

Il fait encore bon, ce qui est idéal pour attaquer les 7 miles de montée sur piste — à l’image du reste, celle-ci fait le double de largeur par rapport à nos DFCI — que l’on a choisi de parcourir pour prendre la partie optionnelle du parcours et partir d’encore de plus haut. Tout comme Slickrock, le trail est réputé pour déshydrater même les chameaux les plus résistants, un démarrage matinal est donc plus que recommandé.

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Arrivés au sommet, 2260m, à l’entrée de La Sal Mountains Forest, on monte la caméra embarquée sur le casque de Susie pour stocker un maximum d’images de la sortie (malheureusement, la panne de batterie écourtera l’enregistrement 🙁 ). Le début du sentier slalome entre les arbres sur un sable dur, très agréable. Mais ça n’est rien à côté de la vue qui s’offre en lisière de forêt. Après quelques mètres sur une dalle minérale inclinée. Nous voici en l’espace de quelques secondes devant l’un des plus beaux panoramas du monde, la petite soeur de Monument Valley : Castle Valley.

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On reste plantés là un bon moment, au milieu d’une grande conversation de « oh » et de « ah », interrompue par les bruits de rideaux électroniques de nos appareils numériques.

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L’épreuve suivante consiste à rouler sur un superbe single track technique sablonneux, truffé de dalles, de marches, et d’arbres à enrouler, le tout sans (trop) regarder le paysage et surtout la centaine de mètre de vide qui borde en permanence notre côté droit !

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Et dès qu’un promontoire se présente, impossible de résister à la pause photo en cinémascope 🙂

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Double track is twice the fun

On rejoint un peu plus loin la boucle originale, sans regretter le moins du monde le supplément que l’on s’est offert. Car le single se transforme peu après en double track. Oh, rassurez-vous, on est très loin de la piste DFCI bien lisse ! Ici les « 4WD roads » (pistes 4x4) sont inaccessibles aux vulgaires Rover Discovery et autres Porsche Cayenne, mais plutôt réservées aux véhicules très hauts sur pattes spécialisés en franchissement. Le plaisir du pilotage et de la technique reste donc entier (même si on préfère quand même les « vrais » singles).

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Cette portion permet alternativement de grosses prises de vitesse, des bacs à sable, et des zones bien techniques, parfois en montée, toujours avec le choix de la meilleure trajectoire, et cela dure très longtemps, dans des paysages grandioses, et une température qui monte raisonnablement grâce aux passages nuageux du jour.

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On croise quelques vététistes de tous niveaux, certains semblant parfois à la rue quand ça tabasse fort. La plupart sont équipés soit en semi-rigides, soit en tous-suspendus orientés cross et habillés en lycra moulants bariolés. Nous sommes les seuls avec des protections…

Supreme ending

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Puis vient le dead end du 4WD track qui signale très clairement l’entrée du single track final. Et là, c’est pas la cerise, mais tout le cerisier sur le gateau : une descente progressive depuis le plateau en balcon jusqu’à la rivière Colorado, un modèle du genre, avec tous les ingrédients qui font notre bonheur. Quelques passages ne sont franchissables que par les bons trialistes, mais le reste est jubilatoire, avec ce qu’il faut d’exposition et de panorama pour augmenter encore le frisson. S’arrêter pour prendre des photos demande un gros effort, surtout pour Susie qui râle parce que ça casse le rythme 🙂

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Inutile de dire qu’on ne traîne pas, avec doublage de quelques sensibles au vertige. Un passage poussette par le Jackass Canyon (et n’allez pas nous demander pourquoi ce nom !) et on en termine avec une deuxième mémorable journée de vtt.

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Arrivés au bord de la rivière marron, on reprend notre souffle à l’ombre des feuillus avant de parcourir les 6 miles de route qui nous permettent de rejoindre Moab.

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A noter le un tuyau providentiel que nous a donné Bryan lors de la navette matinale : à une centaine de mètres de la sortie des gorges, une source aménagée dans la falaise coule en permanence et délivre une eau très fraîche et surtout très pure, que les locaux connaissent bien au vu des nombreuses voitures qui s’y arrêtent pour faire le plein. Avec l’habituelle déshydratation qui nous guette, et les trois derniers miles sous le cagnard, on ne s’en prive pas.

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Et on y reviendra d’ailleurs à chaque fois pour faire le plein les des camel (aux repas, la bière suffit !).

Liens

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7 commentaires :

superfrenchie le 19 septembre 2007 à 4 h 45 min.

//A noter le un tuyau providentiel que nous a donné Bryan lors de la navette matinale//

Un tuyau sur un tuyau? Pun intended, je suppose… 😉

Greg le 19 septembre 2007 à 7 h 57 min.

Alors ça Bourriquet et Suzie, c’est petit… Très petit !
Put*** comme c’est beau. Le paysage au grand angle, les pointes dignes de westerns, les passages engagés, les pauses bucoliques… Chaque clichet fait rêver ! Merci et continuez à profiter à fond…

Fab le 19 septembre 2007 à 14 h 35 min.

Superbe!!!!
Ca fait du bien de vous lire au milieu de la journée de boulot; Même si on aurait bien envie d’être à vôtre place 😉
Profitez bien de vôtre séjour… J’attend les prochains billets avec impatience.

Charlotte le 19 septembre 2007 à 21 h 25 min.

Moi, moi j’ai des batteries de rechange.. ah mais c’est vrai j’ai pas eu le droit de venir!!!!!!!
Forcement après ça faudra pas s’étonner si plus personne n’ose mettre de CR en ligne; Justement j’en avais un sur la Valmasque mais du coup là j’hésite…

Patrik Lafont le 21 septembre 2007 à 20 h 24 min.

suuuuuperbe ! ….. dire que je suis là …. en ce moment … à Paris …. pffffff ! j’aimerai ien être avec vous !!
en tout cas, merci pour le reve !!! 🙂

FabTrialman le 4 octobre 2007 à 21 h 51 min.

Que de souvenirs qui me reviennent en voyant vos photos.
Porcupine Rim reste le meilleur single de Moab. La dernière portion est totalement hallucinante !!!

Je me souviens l’avoir fait à Block avec mon 160 car l’orage menacait terriblement !!

Pierrot le 6 octobre 2007 à 19 h 57 min.

Salut Fab, on regrette encore de ne pas l’avoir refait une nouvelle fois avant de partir. Y’a pas de doute, il faudra revenir !